Culture horlogère : MORBIER ET MOREZ.

L'horloge Comtoise :

Un peu d’histoire pour commencer.

L’être humain a toujours été fasciné par la mesure du temps et a toujours été inventif pour concevoir et réaliser divers objets servant à mesurer le temps. Au début, c’était en vérifiant la position du soleil, des étoiles etc… Par la suite, l’homme s’est penché sur la réalisation d’objets. Il existe une multitude de ces objets comme : les clepsydres ou encore les cadrans solaires, l’utilisation de la bougie etc… Voyons maintenant l’apparition de la mécanique horlogère. Les horloges fascinent l’homme et il était normal de montrer son savoir-faire en la matière pour les réaliser et les utiliser comme les horloges d’édifice. Encore aujourd’hui, on les retrouve dans nos édifices comme les églises les mairies, les gares etc…

Les villages de MORBIER et MOREZ sont l’exemple de la naissance du développement de l’horlogerie dans cette région du HAUT JURA. Plus précisément dans l’horlogerie d’édifice avant la réalisation plus tard des horloges comtoises. Il existe beaucoup de récits pour l’expliquer. Prenons l’exemple de la légende des Frères MAYET. Vers 1660 le frère portier des Capucins de Saint Claude se trouvait en Franche Comté à MORBIER et a demandé au curé du village s’il connaissait quelqu’un pour réparer l’horloge de son couvent qui était en panne. Le curé l’a donc informé connaître les frères MAYET qui étaient serruriers. Le frère des Capucins a contacté aussitôt les frères MAYET qui ont souhaité voir l’horloge en question. Après l’avoir observée, ils décidèrent tous ensemble de copier l’objet et de le reproduire à l’identique. Ils réalisèrent alors les travaux entièrement à la main car il n’existait pas encore de machine outils. A cette époque, les horloges d’édifice étaient un mécanisme énorme dont les rouages étaient enfermés dans une cage. Il n’y avait pas encore de balancier. Le mécanisme était à foliot (un bras effectuait des rotations horaires et anti horaires grâce à l’utilisation d’un fil torsadé qui se tendait et se détendait en effectuant des rotations). Ce mécanisme était totalement dépourvu de cadran et d’aiguilles car il était conçu uniquement pour sonner les heures avec une cloche. C’est vers 1675 que l’astrologue hollandais HUYGHENS adapta le pendule de Galilée à l’horlogerie. Les frères MAYET ont appliqué cette découverte mais sans savoir la faire fonctionner. Ils étaient tellement désolés qu’ils voulaient détruire l’horloge. Ayant appris l’existence d’une horloge parfaitement fonctionnelle en Suisse, un des frères MAYET est parti sur place pour voir de ses propres yeux l’horloge fonctionner. A son retour, il appliqua la manipulation qu’il fallait tout simplement exécuter, c’est-à-dire lancer le balancier à la main pour qu’il commence ses oscillations. Tout le travail réalisé était un succès et ils décidèrent de lancer la production. Tout a commencé dans cette région du Jura et s’est très vite développée avec d’autres horlogers et par la suite dans d’autres régions. L’évolution constante au fil des années, a permis de voir apparaître les premières horloges comtoises à partir de 1660. Les premières horloges comtoises étaient très imposantes, lourdes et elles n’étaient conçues que pour être posées. Au début, elles ne sonnaient que les heures. Il n’y avait pas de cadran ni d’aiguilles. Par la suite l’arrivée d’un cadran circulaire en laiton qui était très imposant avec une seule aiguille permit d’avoir une indication des heures. Par la suite, l’arrivée des cadrans émaillés et des aiguilles, l’apparition des frontons pour la décoration et la modification de longueur de balancier ont permis de voir d’autres projets de présentation. C’est en 1820 que fut possible l’installation dans une caisse haute en bois. C’était une évolution constante. Des mouvements de type cage de fer au départ suivi par des carillons.

Pendule de MOREZ ou oeil de boeuf :

Concernant l’œil de bœuf, il semble faire son apparition au milieu du XIXème siècle. C’est très difficile à définir car il y a peu d’informations. La conception d’un mouvement est identique à une horloge comtoise avec quelques modifications. On l’appelle mouvement de MOREZ. Le mécanisme est enfermé dans une cage en fer avec des piliers qui maintiennent les rouages. La force motrice n’est plus réalisée avec un poids mais avec un barillet muni d’un ressort. Ce mouvement est plus petit et peut être installé dans une caisse en bois plus petite pour être fixée sur un mur. Pour l’ornement, un couvercle muni d’une vitre reprend la forme d’un œil de bœuf normalement utilisé dans l’architecture française d’où son nom. L’habillage varie suivant les époques. L’utilisation de la nacre et de la marqueterie en font des objets de luxe. Par la suite, ces pendules pouvaient être équipées de mouvements plus petits en laiton. C’est donc bien dans le haut Jura que vit le jour toutes ces merveilles qui fonctionnent encore dans nos maisons aujourd’hui.